Le Festival du film d'El Gouna a dévoilé les temps forts de la plateforme CineGouna, dont les activités ont débuté le 16 octobre et se poursuivront jusqu'au 22 octobre 2026.

Ces rencontres adoptent des formats variés, comprenant des masterclasses consacrées aux métiers du cinéma, des ateliers pratiques et des tables rondes réunissant des experts locaux, régionaux et internationaux, ainsi que des échanges approfondis sur les défis et les perspectives de l'industrie cinématographique.

Amr Mansi, cofondateur et directeur exécutif du Festival du film d'El Gouna, a déclaré : « Le Festival du film d'El Gouna est réputé pour ses compétitions cinématographiques, mais il propose également, tout au long de son déroulement, un riche éventail de sessions dédiées aux professionnels de l'industrie, visant à mettre en lumière les enjeux de ce secteur ainsi que ses opportunités de développement. » Il a ajouté : « Ces rencontres offrent un cadre propice permettant aux cinéastes et aux participants d'engager des dialogues constructifs avec des spécialistes locaux, régionaux et internationaux. Elles offrent aussi aux jeunes créateurs l'opportunité d'apprendre directement lors d'entretiens personnalisés avec des personnalités chevronnées du secteur, facilitant ainsi leur compréhension des rouages de l'industrie et de ses diverses branches. »

Pour sa neuvième édition, le Festival du film d'El Gouna accueille 40 sessions de travail aux formats diversifiés, comprenant 8 masterclasses, 22 tables rondes, 3 études de cas, 3 conférences et 2 ateliers, en plus d'une présentation de nouveaux talents. Ces sessions abordent une multitude de thématiques, avec en figure de proue le programme phare du festival « Le cinéma pour l'humanité », tout en soulignant la vocation du cinéma en tant qu'instrument collectif permettant aux individus et aux communautés de transmettre leurs récits aux générations futures. D'autres rencontres se penchent sur des sujets variés, des dimensions commerciales de la filière aux questions de genre, en passant par les aspects techniques inhérents au secteur.

Ahmed Amer, directeur de la plateforme CineGouna, a souligné : « Nous avons veillé à couvrir un vaste éventail d'aspects de la création cinématographique à travers des formats multiples, afin de permettre aux festivaliers d'échanger avec leurs pairs et d'acquérir une véritable vision de l'industrie. Lors de la conception de ces sessions, notre démarche a consisté à identifier d'abord les défis réels du secteur sur le terrain, en tenant compte des retours et des enseignements tirés des éditions précédentes. Nous avons ensuite fait appel à des experts renommés d'Égypte, du monde arabe et de la scène internationale pour offrir une perspective globale sur les enjeux et les opportunités, tout en examinant les solutions concrètes pour surmonter les obstacles et tirer parti des perspectives ouvertes. »

Mona Zaki, lauréate du prix pour l'ensemble de sa carrière de cette édition, a animé la première masterclass intitulée « Au-delà de la célébrité ». Le producteur Mohamed Meshish tiendra une session sur l'écriture du drame télévisé, tandis que l'expert international Angus Finney animera une rencontre consacrée à l'intelligence artificielle et à son impact sur la création cinématographique. Lucas Eskin dirigera quant à lui un atelier sur la chorégraphie des scènes d'action, le jeu d'acteur et le travail de la caméra.

Le cinéaste de renom Yousry Nasrallah interviendra lors d'une session dédiée à la nécessité de réinventer le cinéma, tandis que la réalisatrice britannique Joanna Hogg, présidente du jury des longs métrages de fiction, donnera une conférence sur les techniques de transposition du réel et de l'intime vers l'écran. Enfin, Faouzi Bensaïdi proposera une réflexion sur la création d'univers cinématographiques.

Une vaste série de débats est également prévue pour explorer des sujets diversifiés, notamment : « Le rôle des festivals de cinéma aujourd'hui, l'évolution du métier de producteur, les droits de propriété intellectuelle, les enjeux et perspectives des coproductions dans la région MENA, la notion d'"auteur" dans son contexte culturel, ainsi que le financement de l'avenir du cinéma. »

La programmation abordera également des aspects très ciblés de l'industrie, tels que les défis auxquels se heurtent les réalisatrices, l'impact des représentations de genre sur les recettes du box-office, et les moyens de combler le fossé entre les œuvres saluées par la critique et les succès commerciaux populaires.

Une table ronde spéciale portera sur l'impact du docudrame « La voix de Hind Rajab » et sur la production de documentaires à l'instar de « The American Doctor », s'inscrivant dans un débat plus global sur la situation en Palestine. Dans le cadre du cycle « Le cinéma pour l'humanité : archiver les récits », plusieurs ateliers traiteront de la collecte et de la préservation de la mémoire du quotidien, assurant ainsi la transmission des mémoires collectives pour les générations futures, tout en analysant l'usage des archives et leur impact sur la perception publique des causes et des sociétés.

Des échanges spécialisés seront également consacrés au court-métrage, s'interrogeant sur les opportunités de production et les modèles d'écriture adaptés à ce format. De surcroît, deux tables rondes rendront hommage à l'œuvre du cinéaste Mohamed Khan : la première analysera la figure du « héros masculin atypique » dans ses films, tandis que la seconde se penchera sur les personnages féminins emblématiques qui habitent son cinéma.

Andrew Mohsen, directeur artistique du Festival du film d'El Gouna, a conclu : « À chaque édition, la programmation de nos débats commence par un questionnement sur les urgences qui traversent le cinéma et notre monde contemporain. Nous recherchons des thématiques propices à instaurer un dialogue constructif et à susciter une réflexion partagée chez les festivaliers. C'est précisément ce qui donne toute leur valeur à ces rencontres professionnelles. Notre ambition est que chacun reparte enrichi par la découverte de grands films et stimulé par des échanges féconds sur les trajectoires actuelles du septième art. »